La solitude du dirigeant : de quoi parle-t-on ?
Solitude n’est pas isolement ! Le dirigeant / le décideur / le leader est généralement bien entouré. Son sentiment de solitude est la conséquence de ses responsabilités : être le seul, la seule, à pouvoir prendre cette décision, impulser une nouvelle dynamique, fixer un cap, trancher ! Et ça n’est pas sans conséquence.
Pauline Noack Fraissignes
5/13/20262 min read


Hier soir, comme chaque mois, j’ai retrouvé mon équipe d’Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens. J’avais proposé comme thème de notre réflexion : la solitude du dirigeant.
La question a interpellé mes équipiers bien plus que je ne l’anticipais !
Mais de quelle solitude parle-t-on exactement ?
Une solitude aux multiples visages
La solitude de la décision
Décider lorsque l’incertitude domine, trancher sans garantie, porter le poids des conséquences.
Et si je me trompais ?
La solitude de la vision
Le dirigeant voit parfois avant les autres. Il faut tenir, expliquer, convaincre, persévérer.
Cette solitude-là peut être féconde, mais elle peut aussi épuiser.
La solitude émotionnelle
À force de porter, d’arbitrer, de rassurer, certains dirigeants finissent par se couper d’une part d’eux-mêmes.
Ils s’endurcissent sans le vouloir. Ils deviennent fonctionnels, efficaces.
Mais à quel prix ?
La solitude relationnelle
Être entouré sans se sentir rejoint, compris.
La fonction crée une distance.
La solitude existentielle
Peut-être la plus profonde :
Pourquoi est-ce que je fais tout cela ?
Quel est le prix réel de ma réussite ?
Suis-je encore aligné ?
Qui suis-je si l’entreprise s’arrête ?
Même Jésus a connu cette solitude
Lors de notre réunion d’équipe, nous avons médité le passage de l'évangile selon Saint Marc où Jésus traverse la nuit de Gethsémani (chapitre 14, versets 32 à 42).
Il connaît l’angoisse, la peur.
Il mesure la gravité de ce qui va se passer.
Il demande à ses proches de veiller avec lui. Et il les trouve endormis.
Ce texte révèle toute l’humanité de Jésus : malgré sa relation intime au Père, il fait l’expérience d’une forme de solitude radicale. Une solitude face à la responsabilité, face à la décision, face à l’acceptation de ce qui doit advenir.
Cette scène résonne étrangement avec ce que vivent de nombreux dirigeants :
l’angoisse à anticiper l'avenir
la peur d’échouer ou de décevoir
la conscience aiguë des conséquences d’une décision
la déception face à l’absence de soutien
Mais l’épisode de Gethsémani nous dit aussi autre chose : la solitude n’est pas nécessairement un lieu d’abandon, elle peut devenir un lieu de vérité.
la solitude est une invitation à mieux s'écouter
Nous cherchons souvent à remplir notre silence intérieur, par l’action, dans une forme d’urgence, avec un agenda saturé. Pourtant, certaines solitudes demandent à être écoutées ; ce qu’elles révèlent peut être un point de bascule, une occasion de transformation :
Qu’est-ce qui m’éloigne aujourd’hui d’une paix profonde ?
Me suis-je endurci émotionnellement ?
Avec qui puis-je me montrer pleinement vulnérable ?
Qui porte le dirigeant quand le dirigeant porte tout le monde ?
Quand ai-je demandé de l’aide pour la dernière fois ?
Quelle décision juste suis-je en train de retarder par peur ?
Ces questions ne cherchent pas des réponses immédiates. Laissez-les faire leur chemin.
Plus la responsabilité est grande, plus la nécessité d’un espace de recul, d’écoute et de discernement devient vitale.
Et vous ? Comment ressentez-vous la solitude ?
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